Autoconsommation solaire : dimensionner à partir de la courbe de charge
La surface de toiture disponible ne suffit pas : un projet cohérent commence par les consommations au moment où les panneaux produisent.
En autoconsommation photovoltaïque, produire beaucoup et consommer sa propre production sont deux objectifs différents. Une installation peut avoir un rendement annuel correct tout en injectant l’essentiel de son énergie sur le réseau lorsque le bâtiment est vide.
Le dimensionnement doit donc partir de la courbe de charge : la puissance électrique appelée heure par heure, ou au minimum par pas de trente minutes.
Relever les usages avant de choisir une puissance
Les données d’un compteur communicant permettent d’observer les jours ouvrés, les week-ends et les saisons. Il faut identifier le talon permanent, réfrigération, ventilation, serveurs, veilles, puis les usages déplaçables comme l’eau chaude, la recharge d’un véhicule ou certains équipements professionnels.
Une moyenne mensuelle masque les heures. Deux bâtiments consommant la même quantité annuelle peuvent avoir des taux d’autoconsommation très différents si l’un fonctionne le jour et l’autre surtout le soir.
Comparer production et consommation au même pas de temps
La simulation solaire doit tenir compte de l’orientation, de l’inclinaison, des ombrages et des pertes du système. Elle produit une courbe estimée que l’on superpose à la consommation.
Trois indicateurs doivent être distingués :
- le taux d’autoconsommation, part de la production utilisée sur place ;
- le taux d’autoproduction, part de la consommation couverte par le solaire ;
- le surplus injecté, vendu ou cédé selon le contrat retenu.
Augmenter la puissance améliore souvent l’autoproduction, mais peut réduire le taux d’autoconsommation et accroître le surplus. Le meilleur compromis dépend du prix de l’installation, de la valeur de l’électricité évitée et des conditions de valorisation du surplus.
Déplacer les usages avant d’ajouter une batterie
Programmer un chauffe-eau ou une recharge pendant les heures solaires peut augmenter l’usage local sans stockage électrochimique. Cette flexibilité doit être chiffrée avant d’acheter une batterie.
Une batterie ajoute des coûts, des pertes de conversion, une durée de vie et des contraintes de sécurité. Son intérêt ne se déduit pas d’un taux d’autonomie affiché : il faut simuler les cycles réels, la capacité utile, la puissance et le remplacement éventuel.
Vérifier les contraintes du bâtiment
La toiture doit être examinée pour sa structure, son étanchéité, les ombrages, l’accès et la sécurité incendie. Le raccordement, les protections électriques, les démarches d’urbanisme et le contrat d’injection font partie du projet.
Pour un bâtiment tertiaire, industriel ou agricole, l’ADEME recommande une étude de faisabilité qui intègre conception, financement, réalisation et exploitation. Une production annuelle seule ne constitue pas cette étude.
Le tableau minimal à demander
Une offre comparable devrait fournir, mois par mois : production estimée, énergie autoconsommée, surplus, consommation couverte et hypothèses tarifaires. Elle doit aussi présenter les résultats sans batterie puis avec batterie ou pilotage, afin d’isoler l’effet de chaque option.
Source officielle : ADEME, guide des projets photovoltaïques en autoconsommation.
À lire aussi
MaPrimeRénov’ : sécuriser son dossier avant le premier acompte
Les barèmes évoluent ; la méthode la plus robuste consiste à vérifier l’éligibilité, l’ordre des démarches et les pièces au moment du projet.
Pompe à chaleur air-eau : les cinq données à exiger avant de signer
La marque de la machine compte moins que son dimensionnement, la température d’eau et les réglages prévus.
Rénovation énergétique : dans quel ordre engager les travaux ?
Enveloppe, ventilation, chauffage : l’ordre du chantier change le dimensionnement des équipements et le résultat final.